Le premier triennat budgétaire d'un Sénégal producteur d'hydrocarbures : ramener le déficit à 3 % du PIB en trois ans sans couper l'investissement ni les filets sociaux.
Convergence vers la norme communautaire UEMOA de 3 % du PIB, atteinte en fin de triennat. La cible de 2025 a été dépassée par le bas : 6,44 % réalisé contre 7,82 % programmé en LFR 2.
Hypothèses délibérément prudentes : la croissance moyenne programmée est deux fois inférieure à la cible de la SND 2025-2029 (6,5 %).
Les recettes progressent deux fois plus vite que les dépenses : c'est tout le mécanisme de l'ajustement.
Mds FCFA de recettes supplémentaires du budget général entre 2027 et 2029.
Mds FCFA de dépenses courantes : masse salariale contenue (< 35 % des recettes fiscales), subventions et transferts au parapublic rationalisés.
Mds FCFA d'investissement : de 2 402,8 Mds en 2027 à 2 912,5 Mds en 2029. Consolidation sans austérité.
Répartition par axe stratégique de la SND. Le capital humain est le premier poste, avec 2 697 Mds FCFA.
Loi de 2022 : les recettes d'exploitation alimentent d'abord les fonds souverains et ne peuvent financer aucune dépense salariale.
Conflit au Moyen-Orient déclenché fin février 2026, fermeture quasi totale du détroit d'Ormuz. La LFI 2026 était bâtie sur un baril à 64 USD.
Le DPBEP retient 3,2 % de croissance moyenne quand la SND 2025-2029 vise 6,5 %. Le document ne dit pas si les cibles de la SND sont abandonnées, décalées ou simplement non révisées : c'est la première question à poser en débat d'orientation.
Les intérêts de la dette ont atteint 1 088,1 Mds FCFA en 2025, soit près de 27 % des recettes fiscales et davantage que la masse salariale. Tant que ce ratio ne reflue pas, la baisse du déficit ne libère pas d'espace budgétaire réel.
Investissements exécutés directement par l'État : 66,9 % en 2025 et 0,3 % au premier trimestre 2026. Programmer +510 Mds d'investissement suppose de corriger d'abord la maturation des projets et la passation des marchés.
Les dépenses sur ressources externes n'ont été exécutées qu'à 72 % et les dons à 60,2 %. Une partie du « bon » résultat budgétaire est un report de dépenses, non une économie durable.
La couverture des ménages du RNU par les filets sociaux est passée de 49,7 % à 6,1 % en 2025 après la suspension du PNBSF, et le taux d'insertion des sortants de la formation professionnelle de 58,9 % à 33,5 %. L'affichage d'une « consolidation sans austérité » se juge sur le rétablissement de ces deux indicateurs.
Hypothèse doublement sensible : à la hausse elle alourdit les subventions énergie, à la baisse elle réduit les recettes d'hydrocarbures et la fiscalité pétrolière. La provision pour risques budgétaires et la SDMT sont les seuls amortisseurs chiffrés.
Fiche de lecture établie par
Baitir Ndoye, Ph.D.
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